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dimanche 30 septembre 2018

Plafond céleste

Après être revenue avec un guide de musée pour retrouver une gourmette perdue par sa fille, Delphine et le guide se retrouvent bloqués pendant trois jours dans la grotte qu’ils venaient de visiter quelques minutes plus tôt.
Enfermés dans le noir, ne pouvant sortir, ils paniquent et commencent à avoir des hallucinations… Le guide cynique devient peu à peu une sorte de sage stoïque immobile cherchant à voir les étoiles à travers la roche. Delphine, perdue dans sa vie et dans son couple, se transforme rapidement en une maman hyène décidée à abattre tous ceux qui se dressent sur son passage.
Après la découverte des deux survivants, leurs proches vont constater que de nombreux changements radicaux ont eu lieu, pour le meilleur et, surtout, pour le pire…
Plafond céleste
Thierry Moral 2018

Merci à IS Édition.

Cette lecture fut assez particulière, mais vraiment entraînante, aidée par le fait qu’il s’agisse d'un petit livre. Thierry Moral a une plume vraiment atypique, par moment, qui nous permet de vraiment nous immiscer dans la psychologie des personnages et de ressentir la folie de certains instants. Il faut s’imaginer que, parfois, les personnages ont des pensées très décousues, de par ce qu’ils sont en train de vivre, et cela se reflète clairement dans le texte.

Alors, forcément, on se laisse porter par le fond, grâce à la forme, vraiment bien pensée et adaptée. En plus, l’histoire en elle-même est captivante. Comme dans tous les huis clos, on a cette sensation d’oppression qui nous fait nous demander cent fois ce qu’il va nous arriver. On craint pour les personnages et on veut que leur galère se termine… mais pas trop tôt car on veut en profiter. D’ailleurs, j’aurais aimé que ça dure plus longtemps, car l’auteur a su montrer en peu de pages qu’il pouvait aller très loin dans l’horreur.

Je ne m’attendais pas à ce qu’il pousse la folie aussi loin. Le coup du rat, c’était absolument écœurant ! Mais il fallait oser ! Par contre, ce qui est dommage, c’est que le résumé ait rajouté une mention à la découverte des deux survivants. Car déjà, on sait qu’ils vont survivre : divulgâchage !… et ensuite, si on le dit dans le résumé, c’est que cela concerne une part importante de l’histoire, non juste le final. Du coup, on attend un gros développement sur l’après, et il est un peu plus petit qu’escompté.

Mais cela ne retire en rien la qualité à ce texte, qui m’a beaucoup plu et m’a fait passer un moment particulier, avec une histoire stylée et intrigante.

dimanche 10 septembre 2017

Reconstitution

Le 15 août 2008, à la veille de l’explosion de la Tour B dans la cité des Hérons, le boss organise son grand jeu.
Cinq jeunes sont guidés par Rudy, le meneur. Cinq plus un : JL, l’invité surprise. Le boss ne l’avait pas prévu au programme, mais JL est une balance… Il assistera donc au grand jeu et devra vivre avec sans pouvoir en parler, sous peine de lourdes représailles.
Après plusieurs années de troubles, de malaises et d’isolement, JL se décide enfin à raconter l’histoire sur scène, sous la forme d’une « reconstitution ». Le boss, psychopathe patenté, laissera-t-il passer ce faux pas ?
Reconstitution
Thierry Moral 2017

Merci à IS Édition.

Ce titre m’a perturbée. Je ne m’attendais absolument pas à ce qu’il prenne une tournure telle que celle-là, et je n’ai donc pas pu lâcher le livre tant que je n’en étais pas venue au bout. Une fois n’est pas coutume, j’ai lu ce roman d’une seule traite !

D’habitude, quand on lit un résumé de ce style, on se dit que le fin mot de l’histoire sera révélé à la fin, que le suspense autour du « grand jeu » sera tel que l’on ne pourra pas supporter de faire une pause dans notre lecture tant la tension sera insoutenable. Je ne m’attendais pas à ce que cela nous soit révélé à moins de la moitié du roman, et encore moins que cela soit banalisé de cette façon.

Car en fait, ce jeu, ce n’était qu’une excuse, avouons-le-nous ! Le but de Thierry Moral, c’était d’explorer la tête de Jean-Luc, qui devait se taire et ensuite être modelé comme le Boss le souhaitait, voir le cheminement du jeune homme dans sa transformation, comprendre la folie du Boss à créer ses manipulations et ses machinations. C’était noir et intéressant, même si je suis restée un peu en retrait, car j’ai eu du mal à me projeter dans les esprits machiavéliques des personnages.

D’abord, car en une centaine de pages, faire ami-ami avec un personnage est difficile, et ensuite car je trouvais que le traitement de l’auteur était à la limite de la parodie, comme pour nous éviter des sueurs froides. Soit dit en passant, je l’en remercie, je n’avais pas trop envie de faire de cauchemars cette nuit !

C’est donc un livre intéressant et surprenant que je suis assez contente d’avoir découvert, même si je n’ai pas du tout su m’identifier aux personnages (en même temps… cela veut peut-être dire que je ne suis pas une psychopathe… ouf !). J’étais un peu en retrait par rapport à ce qui leur arrivait, je n’ai été ni horrifiée ni heureuse pour eux, mais malgré ma passivité j’ai quand même dévoré ce livre, donc… ça veut tout dire, non ?